La commentosphère et la recommandation par vidéo
Mots-clés : marques, commentosphere, nouvel usage, social shopping, avis conso vidéo

Ca commence à bouillonner sur la "véracité" ou la "valeur" des témoignages de consommateurs sur internet.
Tout d'abord avec un papier intéressant de François Verron intitulé "Peut-on parler de "commentosphère" ?" qui conclue "Oui, on peut parler de commentosphère et c'est le futur d'internet que d'oeuvrer dans le sens d'une valorisation des commentaires". S'ensuivent quelques échanges par commentaires interposés ;-) pour débattre de ce point.
En réponse à Benjamin Rosoor, je dirais que le principe d'incertitude d'Heisenberg s'applique aussi à la commentosphère (comme d'ailleurs aux instituts de sondage), c'est à dire que l'équipement servant à la mesure introduit forcément un biais cognitif de la part du consommateur qui prend son téléphone, son clavier ou sa webcam pour faire un témoignage. Tous les collecteurs de commentaires (au sens de la création et non du crawl) sont donc identiques sur ce point. Il y a qu'effectivement, face à une caméra / webcam, l'acte est plus engageant au niveau de la personne et de ce que l'on va dire, même si cela est parfois moins construit (au sens syntaxique) que via du texte et un clavier. Avec l'image on ne triche pas, ou en tout cas la probabilité de tricherie est faible sur du vrai UGC (user generated content). Et le pro est très vite identifiable.
Donc, à notre sens, avec Hurrycam nous sommes sur un nouvel usage et ne savons pas encore s'il va devenir grand public. On constate que la visiophonie, réservée au plus petit nombre en raison de la barrière technologique, est désormais remplacée par la captation webcam beaucoup plus accessible, y compris au niveau des coûts de streaming et d'infrastructure.
En tout cas, vu de l'utilisateur s'enregistrer en vidéo représente un acte beaucoup plus engageant que la revue texte. A tout le moins lors de l'enregistrement de la première vidéo, ensuite on sent l'appréhension diminuer, et surtout une maîtrise croissante de soi quant au passage de son image de la sphère privée à la sphère publique. Même (j'allais dire en particulier) les seniors s'y mettent avec plaisir, l'image permettant de s'affranchir de toutes les barrières techniques précédentes. Et surtout c'est plus humain, comme à l'époque où l'ordinateur n'était pas entré dans les chaumières.
Nous prenons garde de ne pas brider ou guider le témoignage. Comme l'écrit David Weinberger dans "Everything is miscellaneous" il faut laisser le contenu venir sans contraintes, afin de libérer les énergies positives (voire créatives) des consommateurs (et il y en a). Puis d'utiliser les outils à disposition en sortie afin de filtrer, agréger ou "surfacer" (comme disent les anglais) les contenus intéressants pour le plus grand nombre, qui pourront ainsi être informés au moment de faire des choix consuméristes. Par ailleurs, il nous semble important, parce qu'il s'agit d'un nouvel usage, de ne pas ouvrir trop vite les barrières de la communauté, préservant ainsi la "timidité" face à ce nouvel usage.
Quant à la monétisation elle suivra en fonction du jugement que porteront les marques sur ces témoignages. Et non l'inverse. Nous ne montons pas le site en fonction des marques. Ce qui nous intéresse c'est de capter l'usage dans le temps par rapport à un produit, de manière indépendante et spontanée, et de vérifier que ces avis conso vidéo peuvent avoir une valeur (ou pas) auprès des marques et sites internet.
A priori, l'article d'aujourd'hui du Figaro intitulé "Shopping en ligne : votre avis vaut de l'or" semble attester qu'il y aurait un intérêt du point de vue des marques. A suivre donc...





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